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Accueil Entrer en prépa Décoder un palmarès Influence du panel d'écoles de référence

Influence du panel d'écoles de référence

On retrouve, quelle que soit l'enquête, le même échantillon d'écoles :
Polytechnique, Centrale Paris, Mines de Paris, Ponts et Chaussée, Supélec, SupAéro auxquelles s'ajoutent, selon la source, l'ENSAM, Télécom Paris, SupOptique ou Centrale Lyon.
Il est donc inutile de lire deux palmarès, ils donnent pratiquement la même information.

En fait le panel reprend tout bêtement les 9 ou 10 premières écoles du palmarès des Grandes Ecoles établi par les mêmes journalistes dans le numéro du mois précédent.
C'est un peu douteux sur le principe. Mais le journaliste ne va pas faire pipi sur ses mocassins à pompons en choisissant des écoles qu'il n'aurait pas classées.

Mais soyons honnête, même si le porte plume est très mauvais, il ne peut pas se planter : les premières écoles de l'échantillon font partie de l'inconscient collectif et n'ont pas changé de place depuis 30 ans.

La seule nouveauté des palmarès d'une année sur l'autre est donc : mais quels critères nouveaux ont-ils pu trouver pour justifier LE classement ? Cela varie avec les modes, aujourd'hui budget recherche et ouverture à l'étranger, hier place donnée aux sciences humaines et au management, demain filières axées sur les nouvelles énergies ...

Les classements des grandes écoles reposent sur des critères chiffrés (budget recherche, budget par élève, nombre de doctorants, nombre de publications ...) et sur les doctes avis des employeurs potentiels. Pour ce dernier critèrere, on comptabilise en fait le nombre de fois où une école est citée dans différentes rubriques. Or n'importe quel employeur, du patron du CAC à votre plombier en passant par celui de la PME d'à coté de chez vous, cite Centrale Paris, l'X et les Mines comme faisant partie des meilleures écoles du pays. Mais il n'y en a qu'un seul sur les trois qui en emploie ! Et par ailleurs, la première question à poser aux personnes interrogées c'était de quelle école ils sortaient.

Mais ne soyons pas grognon, on ne peut contester que les écoles choisies dispensent d'excellentes formations et méritent de faire partie de l'échantillon. OK. Le panel est constitué, on n'y peut plus rien...
Cela donne au moins l'illusion au lecteur profane que tout le monde étant classé sur la même base, peu importe l'échantillon, le classement aura un sens.

Et ben non !

Car ce ne peut être le cas que si toutes les écoles citées présentent le même degré de difficulté à l'intégration et si elles étaient toutes aussi ... inodores, incolores et sans saveur.
Prenons par exemple le panel de l'Etudiant/L'Express.
Et bien dedans, il y a les Arts ! Personnellement c'est une école que j'adore. Mais ce n'est pas une école neutre. C'est l'ECOLE ! Si tous les Gad'z se mettaient en grève, l'industrie dans son ensemble s'arrêterait de tourner. Alors que si les X-Mines faisaient de même, personne ne s'en apercevrait

L'ENSAM recrute 260 PSI, soit pratiquement autant que toutes les autres réunies. Il est donc logique qu'il soit "plus facile" d'entrer aux Arts, que, par exemple, aux Mines ou à l'X. On n'a donc pas affaire, dans le classement, à des écoles qui présentent toutes le même niveau de difficulté d'intégration.

Passons à l'étude de cas :
Le Lycée Tara King n'a aucun élève admis à l'X, aux Mines ou a Centrale, mais 16% de ses étudiants entrent à l'ENSAM.

Dans l'établissement d'en face, le lycée John Steed, 3% des étudiants intègrent l'X, 3% les Mines de Paris, 3% Centrale Paris, 10% l'ENSTA et 5% l'ENSAM.

L'ENSTA ne fait pas partie du panel, et pourtant l'honnêteté force à reconnaître qu'elle est nettement plus difficile à intégrer que les Arts ... D'ailleurs je pense qu'un élève qui a les deux intègre prioritairement l'ENSTA. Dommage !

Assez clairement, les élèves de John étaient bien meilleurs que ceux de Tara. Oui mais ... Désolé, au classement, c'est Tara qui dérouille John ! Trop forte cette Tara ...

Les écoles du panel reflètent, certes, une certaine réalité industrielle, mais en aucun cas celle de la difficulté des concours.
Comment pourraient elles servir à évaluer le niveau des élèves ?

Il faut noter que l'exemple pris n'est pas du tout anecdotique et que l'on ne cite pas ici des chiffres au hasard, mais bien une configuration réelle : c'est arrivé à Michelet, dans le bon sens :-).
Mais cela ne se produit pas qu'une fois de temps en temps, c'est très fréquent : il vous suffit de vous rendre sur les sites des lycées qui publient leurs résultats dans le détail pour le constater.
Malheureusement, cela a beaucoup plus d'effet sur les petites structures que sur les grosses, qui équilibrent leurs comptes sur plusieurs classes et pour lesquelles un étudiant ne représente qu'un faible pourcentage. Lorsqu'il n'y a que 36 élèves ... Chacun d'entre eux représente un gros pourcentage ...

Suite : impact du mode de comptage

Mis à jour ( Samedi, 01 Juin 2013 08:37 )  

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