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Accueil Entrer en prépa Décoder un palmarès Admis ou intégrés : qu'est-ce que ça change ?

Admis ou intégrés : qu'est-ce que ça change ?

Pour que le palmarès ait du sens, il faut aussi que lorsque un étudiant est admis dans une école qui a l'honneur d'être dans l'échantillon, il l'intègre.
Ce ne serait que justice quand on sait le mal que le journaliste s'est donné pour faire son classement des Grandes Ecoles.

Sauf que ce n'est pas le cas ! Mais alors ce n'est pas le cas du tout.
Et pourquoi ces petits crétins nous pourrissent-ils ainsi les pourcentages ?
Souvent parce qu'ils ont encore des rêves. Classiquement ils veulent :

  • être aviateurs ou pour le moins tripoter des avions,
  • construire des routes ou des immeubles,
  • faire de l'informatique
  • être ingénieur chez Lego ou chez Meccano ...


T. Ungerer
Heu ... D'accord ! Des rêves. Mais on ne voit pas bien le rapport.

Bon, si votre rêve est juste d'être Chef, très très chef, il faut effectivement intégrer une école du panel, si possible celle qui a le sigle le plus court ou à défaut, une de ses écoles d'application.

Mais si vous voulez être ingénieur, et surtout dans un domaine donné ... C'est plus compliqué, car vous souhaitez intégrer une école qui vous offre la spécialité dont vous rêvez. On va se baser sur l'exemple le plus parlant : l'aéronautique !
  • Pour conduire des avions, il n'y a que trois solutions : l'ENAC concours sup (qui passe aussi en spé), l'école de l'Air (Militaire - Salon de Provence sur le CCP) et enfin les Cadets de l'Air (concours à part d'Air France).
    On peut être sur que les élèves qui ont une de ces écoles n'iront nulle par ailleurs, même pas dans une école du panel si ils y sont admis ... Damned.
  • Bon, si on a de la chance, les trois meilleurs de la classe veulent aussi être au contact des avions mais deux sont myopes comme des taupes et le troisième a une jambe de bois : ils ne pourront donc pas piloter. La voie la plus directe pour tripoter des trucs à réacteurs, c'est une école d'aéronautique. Et il y en a une dans le panel : Supaéro.
    Sauf que Supaéro ça se loupe assez facilement. nos trois lascars la loupent donc, mais ils ont eu Télécom, SupOptique et l'ENSAM ... qui elles sont dans le panel.
    Ben oui, mais ils ont choisi l'ENSICA, l'ENAC Ingénieur et l'ENSMA.
    L'ENSICA parce que c'est ce qui se fait de mieux dans le domaine après Supaéro, l'ENAC parce que le gars l'a eu en fonctionnaire et va se croquer 2000 euros mensuel pendant ses études, et l'ENSMA parce que c'est des bons pour tout ce qui est moteur.
    Et trois de plus qui vous pourrissent le % dans le panel.

Juger une classe préparatoire sur le niveau de ses étudiants à un "instant t" est en soi peu satisfaisant. Mais si on doit le faire, autant que ce soit proprement en comptabilisant les étudiants qui ont été ADMIS dans une école d'un panel de référence, et pas seulement ceux qui l'ont INTEGREE donc choisie parmi leurs admissions !

Ne comptabiliser que les intégrés revient à supposer que les écoles du panel ne se refusent pas, ce qui est totalement faux, même pour les plus grandes. Alors bien sur, essayer d'avoir une information pertinente, à savoir les admis, cela demanderait un peu de boulot.

Voyons par exemple les résultats détaillés de Michelet 2006 et 2007.
En 2006 : 6 élèves sur 35 sont admis à l'ENSAM, 3 d'entre eux choisissent l'ENSICA, Mines de Nancy et Centrale Lille. Bilan : on passe de 17.1% d'admis dans une école du panel à 5.6% d'intégrés.
Dans le classement de l'Etuxpress de cette année là, Michelet qui était donc potentiellement 23e passe à la à la 43e place sur 127 lycées classés.

En 2007 : 5 élèves sur 37 ont l'ENSAM, 3 d'entre eux choisissent Centrale Nantes, une bande de potes ... On passe de 13.5% d'admis dans une école du panel à 5.4% d'intégrés, et de la 32e à la 49e place.
Il est inutile de poursuivre la démonstration en remontant sur les autres années. Et bien sur, Michelet n'est pas un cas à part, tous les établissements sont concernés.

Les classements fournis par les magazines cités n'ont donc strictement aucune valeur et ne reflètent en rien la réalité des niveaux de classes.

Le plus drôle, c'est que les pseudo enquêteurs vous disent sans rire que leur méthode évite de compter deux fois les étudiants qui ont plusieurs écoles. Ce qui est vrai.
Mais ça leur évite surtout un vrai travail. Car le seul moyen d'éviter l'écueil serait de rechercher toutes les données auprès des services concours, de faire un petit travail de traitement de l'information avant de la diffuser et regarder dans le détail les admissions par élève.
Et ça ferait du boulot, beaucoup de chiffres à imprimer, et surtout, il faudrait donner des explications. D'une part, les auteurs de ces classements en sont incapables, et d'autres part, si un seul s'y risquait, il mettrait en évidence, en expliquant, le ridicule du classement.

L'autre solution est de se contenter d'un classement par école du panel. Mais ça serait très long et surtout cela mettrait en évidence des chiffres ridicules : une addition de petits taux. Et cette info là, elle ne claque pas assez, ce que l'on veut, c'est du gros taux. Il y a quelques années, Le Monde, faisait cela très bien. en donnant les admis de chaque lycée pour chaque concours. Comme quoi, ils doivent avoir des journalistes au Monde ...
Aujourd'hui, ce travail est déjà fait, mais globalement par banque, par le service concours.
Le fichier est disponible sur ce site.

Suite : Impact du nombre de divisions

Mis à jour ( Vendredi, 15 Août 2008 10:30 )  

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