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Quelle différence y-a-t-il entre un Grand Lycée et un petit lycée ?

Le nombre de mètres carrés ? Pfffff ... Ami lecteur, on voit que tu n'es pas du sérail ! La différence, c'est LE TAUX DE REUSSITE ! Un Grand Lycée, ça a un gros taux !

Ah ... le nombre et la variété des divisions ont aussi leur importance. Eh oui, il faut pouvoir se rabattre sur les places de balcon si tout l'orchestre est réservé.
L'ancienneté n'est pas à négliger non plus. Ce n'est pas rien l'ancienneté. Cela peut même tenir lieu de savoir faire.
Enfin le nom. Un nom, ça inspire confiance. Rien que la sonorité peut vous donner envie d'inscrire le p'tit dernier.

 

Quels sont les facteurs influant sur le taux de réussite ?

Essentiellement le niveau des élèves en spéciale.
Celui-ci dépend évidemment du niveau des élèves de sup.
Qui dépend lui même du nombre de dossiers parmi lesquels ont a fait un tri.
Quant au nombre de dossiers, il dépend de la notoriété de l'établissement.
Euh, mais la notoriété ... Elle ne dépend pas du taux de réussite ?

Si ! Si ! C'est ce qu'on disait, c'est compliqué de changer de taux !

Ajoutons à cela que si les grands établissements ne prennent déjà pas de risque au niveau des dossiers de terminale, ils n'hésitent pas non plus à accueillir en deuxième année les meilleurs élèves des "petites prépas". Amenuisant par là même les chances de celles-ci d'améliorer leur petit taux. Mais bon, ils n'y peuvent rien si les élèves préfèrent venir améliorer leur gros taux. C'est ce que je dis toujours : il faut avoir le courage de tendre une main secourable à un premier de la classe qui appelle à l'aide !

En clair, lorsqu'un petit lycée secoue le prunier, il n'est pas rare que ce soit un gros qui se goinfre la tarte et les confitures.

La cote d'un établissement change-t-elle lorsque les résultats sont en progression

Oui et non. La cote d'un lycée est quelque chose de très immatériel et de très figé qui n'obéit pas seulement à la logique. Lorsqu'un lycée, ou une section d'un lycée entre dans un des classements régulièrement publiés par les magazines, il doit se maintenir très longtemps pour que les meilleurs étudiants commencent à postuler. Et comme les résultats dépendent avant tout du niveau des élèves ... se maintenir n'est pas simple.

C'est le problème, par exemple, d'un établissement qui ouvre une classe préparatoire. Les meilleurs élèves de terminale de ce même établissement continueront de postuler sur les prépas de l'établissement voisin, qui a forcément une meilleure cote. Dès lors l'évolution des résultats repose essentiellement sur des élèves qui, plutôt moyens en terminale, dont n'ayant pas osé postuler sur les grands lycées, se révèleront en classe prépa. Et il faut encore qu'ils ne décident pas de changer d'établissement entre la première et la deuxième année.
Dans un tel cas d'ailleurs, l'équipe enseignante a un rôle déterminant. Car finalement, faire intégrer les Mines aux 40 meilleurs élèves de France regroupés dans une même classe n'est pas à proprement parler un exploit. Mais participer au couronnement d'un seul élève dont le dossier de terminale avait été refusé partout ailleurs ...

Bon l'intérêt du truc, c'est qu'une fois qu'on a la cote, il faut vraiment faire des sacrées conneries pour redescendre, puisque vous n'avez plus que des bons élèves ...

La cote d'un établissement devrait se mesurer, non pas au taux d'intégration des élèves dans les meilleures écoles d'ingénieurs (la notion de "meilleure école" est déjà en soi très discutable). Mais plutôt aux résultats obtenus par rapport au niveau des élèves entrant.

Que signifient les étoiles ?

Tout d'abord il faut savoir qu'il n'y a pas de différence de programme entre une classe étoilée et une classe non étoilée.

Avant la réforme de 1996, les classes de deuxième année étaient "primées". Dans les lycées classiques par exemple, la première année (maths sup) était commune et les élèves de deuxième année se répartissaient ensuite entre M (dominante maths) et P (dominante physique chimie). Il existait en outre une hiérarchie (M'>M) et (P'>P) dans les spécialités : le programme des classes "prime" était plus chargé que celui des classes "non prime". On se doute, dès lors, que les plus grandes écoles étaient en général alimentées par des élèves issus de "prime".

Au moment de la réforme, on a créé, à la demande des grandes écoles (Centrale en tête), une nouvelle spécialité (Sciences de l'Ingénieur) et introduit toutes les spécialités dès la première année. Il a en outre été décidé qu'il n'y aurait plus de différence de programme, donc de niveau, au sein d'une même spécialité en deuxième année.

Tout cela était fort sain et plutôt bien pensé. L'idée étant de décloisonner le système, de faire débuter l'enseignement des sciences de l'ingénieur dès la prépa, offrant par la même une possibilité de se distinguer or des disciplines conventionnelles.

Jusqu'à ce que certaine Grande Grande Ecole se dise "Mais qu'est ce qu'ils nous bricolent tous ces civils, on va quand même pas recruter sur les mêmes classes que les PMGE (petites et moyennes grandes écoles ? D'autant que nous on s'en moque des spécialités, on forme des managers, pas des ingénieurs".

Les proviseurs de Grands Grands Lycée n'ont pas été en reste, on s'en doute.
Et de renchérir : Et nous ? On va quand même pas proposer les mêmes classes que les PML (petits et moyens lycées) ?"

Damned ! Et là, un génie du ministère a eu une idée : "Et si on remplaçait les "primes" par des ""étoiles" ? Le sauveur a immédiatement été promu chef de bureau, on lui a attribué un secrétaire et des tiquets de cantine gratoche. Et comme on ne voulait pas non plus saborder une bonne réforme pour faire plaisir à quelques rétrogrades accrochés à leurs privilèges, on leur a donnés les hochets et on a gardé les lignes de fond : étoiles en spéciale, mais spécialités dès la première année et programme unique que la classe soit étoilée ou non.

Mais alors les étoiles c'est du pipeau ?

Leur attribution est avant tout historique : la majorité des anciennes "prime" (P', M') ont été converties en étoiles (PC*,MP*). Quant aux petite nouvelles, les PSI, elles sont nées de conversions de spéciales M, M', P, P' et T'. Elles ont donc obtenu une étoile si il y avait un prime. A Michelet pour prendre un exemple, il y avait avant la réforme une M, une P et une P'. On a donc aujourd'hui une MP, une PSI et une P* car la PSI est née de la transformation de la P.

Il y a en outre une logique géographique. Il faut un certain nombre de classes étoilées par bassin de recrutement, mais pas trop pour que cela reste chic, et puis il faut les répartir.

Aujourd'hui, les créations obéissent donc d'abord à ce souci de répartition : si dans un même lycée on crée une deuxième classe d'une même option, on peut envisager que le seconde classe soit étoilée, si la constellation régionale le permet. A Michelet toujours, s'il se créait une nouvelle P, elle ne sera pas étoilée, tandis qu'une nouvelle MP ou PSI pourrait l'être.

L'étoile a donc réellement un sens si il existe deux divisions d'une même filière : on met les meilleurs élèves dans la même classe, et alors, effectivement, le niveau de la classe étoilée est meilleurs que celui de la non étoilée. Mais dans le cas général, ce n'est pas aussi simple : il suffit de regarder les taux de réussite par établissement pour voir que l'étoile n'est en rien une garantie. Les PSI d'Orsay et de Michelet par exemple ont de meilleurs ou d'aussi bons résultats que bien des PSI*.

Est-il possible d'intégrer une Grande Grande Ecole sans passer par un Grand Grand Lycée ?

Sauf cas très particulier, quel que soit le lycée, les très bons élèves d'une classe intègrent des écoles prestigieuses.
Simplement dans une structure qui n'a pas d'enjeu de réputation, on a donné aussi une chance aux élèves "moyens" qui n'intègrent pas nécessairement de très grandes écoles.

Les choses étaient aussi ... Simples, les grands lycées parisiens + Ginette caseraient TOUS leurs élèves sur l'ENS, l'X, Centrale Paris et les Mines de Paris. Ce serait logique puisqu'ils recrutent nationalement les meilleurs élèves. Or ce n'est pas le cas. Que doit on déduire ? Ben si on suit une logique purement comptable : les grands établissement gâchent des "talents "qui se seraient sans doute mieux épanouis ailleurs.

Concrétisons : vous êtes un des meilleurs élèves de votre classe de terminale et vous êtes accepté dans un grand établissement parisien. Là, vous êtes mélangé avec les mêmes que vous, venant de partout. A la base, vous êtes un guerrier et vous pensez qu'une bonne émulation ne peut que vous favoriser.

Mais vous ne pouvez nier que quoi qu'il arrive, parmi tous ces premiers de classe s'établira une hiérarchie. Donc, en admettant même que tous passent en spéciale, une partie de tous ces premiers sera dans la(les) section(s) non étoilée(s) de l'établissement. Et là, l'étoile a un sens car il y a de quoi faire un tri. **

Et bien je vous invite à aller sur les sites des GGL pour regarder dans le détail les résultats de différentes sections. Et vous constaterez que les gros gros taux se font sur les classes étoilées et que les classes non étoilées font des taux normaux.

Alors au final ... Une moitié des très très bons élèves admis dans les très très grands lycées ont finalement des résultats très très ordinaires. Ben si on réfléchit bien, ils auraient mieux fait de rester des premiers dans des structures ordinaires que de devenir des derniers dans des structures supposées extraordinaires !

Entendons nous bien, on ne peut nier l'évidence : un environnement ultra concurrenciel permet à certains de se dépasser et les très grands lycées offrent cette possiblité aux guerriers. Pour ces élèves là, oui, un très grand lycée est un plus. Mais être admis en Sup dans un établissement prestigieux n'est pas une assurance de réussite pour les étudiants.

**Lisez à ce propos l'article sur l'impact du nombre de divisions sur les résultats dans un palmarès.

Mis à jour ( Lundi, 10 Juillet 2017 06:39 )  

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