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Magistère Orsay (2 avis rares)

Par Jérome (PSI 2005)
Note du Webmestre : Jérôme avait fait une très bonne 3/2 et était très bien classé au CCP. Après son Magistère il a intégré Télécom Bretagne (voir son avis ...)

A l’issue des concours en 3/2, je voulais faire de la physique fondamentale et repasser certains concours en candidats libres, c’est pourquoi je me suis lancé dans cette formation.
Pour ceux qui aiment la physique vous serez servi. Plus de 30h de cours par semaines pour balayer tous les champs de la physique, un vaste choix d’options allant de la relativité générale à l’histoire des sciences en passant par des nanotech, de l’informatique industrielle ou encore de la géophysique… Bref on peut se faire plaisir, mais il y a du travail.

La qualité des cours est inégale et globalement j’avais trouvé les TDs peu palpitants.
Je dirai aussi que si jamais l’idée de faire de la physique théorique vous effleure l’esprit pensez à faire un cursus de maths en parallèle, ce n’est pas si monstrueux mais au moins pour certaines options vous comprendrez les corrections des exercices, vous saurez pourquoi vous avez ce sentiment d’arnaque vis-à-vis de votre prof de relativité générale plutôt brouillon et surtout vous aurez une chance d’être un bon théoricien…
Au magistère, on forme des physiciens « appliqués » pour le LAL, beaucoup de futurs profs  (agrég et CAPES) , et plusieurs ingénieurs (moi par exemple)

Au-delà de ces considérations académiques, il faut voir que la bonne réputation du magistère se dégrade à vitesse grand V.
Ceci est en partie du au fait que depuis quelques années, ce n’est plus le magistère de l’ENS et que le campus vieillit mal.
Par conséquent Phytem de Paris VI-ENS Cachan est une formation à considérer avec attention lors du choix du magistère, puisque la formation dispensée est celle des normaliens. En gros, vous voyez les mêmes choses mais les étudiants, le corps professoral et les moyens qui viennent avec l’ENS sont différents…
Ensuite, le responsable est devenue une véritable icône grâce à sa mauvaise foi notoire, et à sa vision du magistère. Le magistère n’est pas décadent puisqu’on envoie toujours beaucoup d’étudiants en prépas agreg à Montrouge, et dans des grosses écoles d’ingénieurs. D’ailleurs il vend le magistère sur les performances à l’agreg et les admissions sur titre. Si vous voulez faire chercheur, c’est pas mal mais pour tout ce qui est théorie et modèles c’est à mon avis très limite…

Finalement, c’est quand même l’une des formations universitaires les mieux reconnues en physique, on y apprend beaucoup de choses, mais suivant vos aspirations ce n’est peut-être plus la meilleure formation…

A tout lire, j'ai eu l'impression que le magistère n'est fait pas une si bonne formation de chercheur que cela mais est plutôt axé sur le professorat ou la poursuite en école d'ingénieur. Or, dans son avant dernière phrase, Jérôme affirme que le magistère n'est pas si mal pour la recherche ... Je lui ai posé la question et voici son complément d'information :

C'est plus ou moins ça en effet, mais c'est à nuancer. Je n'ai plus les chiffres exacts en tête, Mais le ratio effectifs L3/effectifs M2 ou même effectifs L3 /docteurs n'est pas énorme. Sur toute la promo seuls 4 élèves ont suivi un M2 de physique théorique je crois (1 seul dans LE M2 de Physique Théorique de Ulm).

En fait tout dépend type de physique que vous voulez faire, en physique de particule, il y a beaucoup de chercheurs qui font du traitement de signal et de la simulation numérique, leurs connaissances de physique leur sert à comprendre ce qu'ils font pas forcément à le remettre en question.
Mais je pense que ce n'est pas ça qui pousse les étudiants à faire de la physique , et ce n'est pas ça qui fait rêver. Certes finalement on contribue à l'avancer de la science mais je pense que ceux qui sont capables de comprendre fondamentalement pourquoi ils font ce qu'ils font ne sont pas si nombreux que ça.

Cette vision de l'enseignement au magistère se rapproche, de celle des écoles, c'est à dire quelque part axée sur la professionnalisation. On forme des physiciens qui trouveront un job en labo, et ce ne sont pas les postes de théoricien les plus nombreux. Beaucoup finissent par faire du développement informatique en labo ou en entreprise d'ailleurs (c'est porteur en même temps), du traitement d'image pour analyser les données sur les grands télescope, ... Au magistère il y a plusieurs options comme environnement, géophysique, nanotech, info industrielle, électronique, biologie et physique du vivant,... qui permettent des ouvertures intéressantes de poursuite en M2 puis en thèse etc... (Musicologie, économie environnementale, géophysique, imagerie médicale ...). On peut même créer une option, en allant chercher un accord avec une autre fac.
Répondre à la demande en physicien est quelque part une bonne chose pour les étudiants, mais c'est dommage d'un point de vue recherche fondamentale qu'on ne donne pas les moyens aux étudiants de remettre en question ce qu'ils apprennent, ou d'aller chercher ces moyens.

Je dirai que je souhaiterai que ceux qui pensent aller au Magistère s'interrogent sur le "pourquoi ?".

J'ai un ami qui bosse sur des modèles "au delà du modèle standard" au CERN et bon ça fait cliché mais c'est un ENS qui a suivi un cursus de maths en parallèle. Mon prof d'options (Complexité des Phénomènes Physiques Collectifs et Electrodynamique Classique et Quantique) enseignait aussi au M2 de Ulm et pareil c'est un normalien qui a suivi un cursus de mathématiques en parallèle. De sont avis si ont ne le fait pas en L3/M1 quand c'est encore assez relax, si jamais on survit au M2, il faudra se remettre à jour en thèse. C'est arrivé plusieurs fois que dans ses corrections de TDs personne ne comprenne "Ah j'ai vu ça en maîtrise de maths..." C'est emmerdant, mais bon il faut voir qu'on était que 6 ou 7 maxi dans ces deux options... Ce sont par ailleurs les seuls cours où les TDs et DMs exigeaient de la réflexion . C'est dommage qu'habituellement, la majorité des TDs et DMs sont des exos d'applications. Qu'il y en ait je veux bien, mais qu'on apprenne au moins aux étudiants à penser et à prendre du recul sur ce qu'ils apprennent, surtout pour des futurs chercheurs...

Bref, c'est une bonne formation (pas spécialement de haut-niveau), mais veiller à connaître ses motivations personnelles, et avoir une idée du chemin qu'il faut emprunter. Je dirai que si on veut faire de la physique théorique, personne ne vous dira d'entrer de jeux d'aller faire des maths en parallèle, mais après coup c'est une évidence.
Pour le reste, la formation est assez complète, sauf en maths (les proba sont traitées à l'arrache en quantique et en physique statistique, et ça ça craint.. et dans les M2 qui en ont besoin c'est de nouveau au programme...) et permet de faire beaucoup de chose pour peu qu'on soit acteur de son parcours et un brin créatif (faire des spectacles son & lumière, et même de la coopération scientifique à l'ambassade de Lettonie! Vu en VIE).

J'espère que ça clarifie un peu ce que j'ai dit. Après ce n'est que ma vision de la chose.

Par John (PSI 2005)
Note du Webmestre : John avait fait une très bonne 3/2 tout comme son camarade cité plus haut et était très bien classé au CCP.

Alors je t'écris parce que j'me suis retrouvé par hasard sur ton site et j'ai vu les commentaires de Jérome sur son parcours, qui a commencé comme le miens puisque après la 3/2me on s'est barré tous les deux au magistère de physique d'orsay avec les yeux qui brillaient pour la recherche. Si ça t'interesse je peux te donner un avis un tantinet plus nuancé sur le magistère, même si je sais que ce genre de filière n'a pas la côte auprès des taupins et probablement aussi des profs qui tiennent à leur statistique.
Mon avis c'est que le magistère est une formation de bonne qualité si on aime la physique pour la physique, donc recherche ou éventuellement faire prof. C'est une bonne alternative si on intègre pas l'ENS, les formations sont sensiblement les mêmes, bien que la qualité d'enseignement soit un peu plus inégale au magistère vs l'ENS.
Je ne recommanderais pas non plus particulièrement d'y aller pour rejoindre une école d'inge par la suite, comme Jérome l'a fait, même si j'ai souvenir d'anciens magistèriens pour lesquels l'intégration en école s'est bien mieux passée.
Niveau cursus, avec l'ENS, c'est la formation qui offre le plus de physique dure, et de loin. Même si la qualité d'enseignement est inégale, l'ensemble est quand même de très bonne qualité, et les loulous qui sortent du magistère ont de solides connaissances en physique fonda. Ceci étant, ça reste la fac, donc ceux qui ont tendance à ne rien branler dans leur fondamental risquent d'apprendre peu de chose voir de se descolariser (nous étions 3 à entrer au magistère, tu te souviens ?...). Personnellement, j'ai gardé un rythme soutenu au magistère, et j'ai cravaché plus que tous mes potes en école d'inge, et appris énormément (ouf...). Je fais une thèse en astrophysique à Orsay (ville pourrave mais bon!...) et je cotoie d'autres thésards qui viennent d'école d'inge, ou de magistère mais ayant fait des prépas de "meilleure catégorie" que Michlet. Que ce soit en thèse ou en Master 2, le niveau et les résultats des ex-magistériens est tout à fait comparable ou meilleur que ceux des loulous qui ont fait école d'inge (non ENS) ou le magistère à l'issue d'une prépa "meilleure que Michelet". D'ailleurs le classement du master 2 recherche astrophysique de Paris était : ~ 6 premiers = ENS ulm + polytechnique,  ~ 8 suivants = ENS cachan et magistériens au même niveau, et ensuite autres écoles d'ing (dont SUPAERO) et faqueux. Je précise que les mecs issus d'école d'inge ayant suivit le master 2 n'étaient pas des billes qui auraient choisis un M2 par manque d'alternatives.
Donc en somme, le magistère, à mon avis, ne doit pas être un purgatoire temporaire le temps de passer les admissions parallèles aux concours, il ne doit être considéré que si vraiment la recherche (voir l'enseignement) vous intéresse. Egalement il faut être près à travailler probablement d'avantage qu'en école d'inge sans filet de secours ni quelqu'un de bienveillant près à vous bottez les fesses lorsque vous vous démotivez. Le niveau de quelqu'un de sérieux au magistère n'a strictement rien à envier à celui d'un étudiant d'ENS cachan ou Centraloïde. A noter que la vie étudiante dans ce cadre est bien moins organisée, alcoolisée etc. ce qui fait qu'à bac +3/4 les magistèriens ont oubliés depuis longtemps le microcosme consanguin et fêtard des taupins et élèves ingénieurs, et sont en conséquence un peu plus mature, mais .... merde même si on se mettaient des bonnes caisses entre nous, ont regrettera toujours de ne pas avoir connu les murges et WEI d'écoles!  ;) 
J'espère que cet avis te seras utile !

 

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